Villa Montsouris 75014 Paris France

Habitat 
2014
(75 - Paris)
19 rue du Parc Montsouris
75014 Paris
France métropolitaine
Nom
Villa Montsouris 75014 Paris France
Adresse
9 rue de Valenciennes
75010 Paris
France métropolitaine
Téléphone
01 74 30 63 97

Atelier Morales : deux architectes cubains à Montsouris

La radieuse résidence privée construite dans le quartier du parc Montsouris à Paris, est un nouveau projet conçu par l’Atelier Morales, une association de deux architectes cubains, Teresa Ayuso y Juan Luis Morales, résidants de cette ville depuis 20 ans. Ils créent pour commencer un atelier interdisciplinaire consacré à la photographie, aux arts plastiques, au design et à l’architecture.

Aujourd’hui, leur travail photographique est reconnu et a été exposé dans plusieurs biennales, foires d’art international et musées. Parmi leurs précédents travaux d’architecture on trouve des projets et des réalisations tels que la discothèque The Treplay (Paris), le restaurant Havanita Café (Paris), le Café Loma (Paris), le restaurant La Manigua (Chartres), les boutiques de traiteur El Bierzo (Paris), le restaurant Bahia (Saint Tropez), ainsi que les foires d’art contemporain Balelatina y Hot Art à Bâle (Suisse) entre autres, mais leur réalisation la plus importante est sans aucun doute la Villa Montsouris.

L’Atelier Morales a construit dans le 14e arrondissement au sud de Paris une villa sur l’emplacement d’une maison du début du XX située dans la rue du Parc Montsouris. La nouvelle demeure privée qui occupe actuellement environ de 350 m² fut en son temps une maison de deux étages dépourvue du charme et de l’originalité architectonique qui caractérisera certaines résidences de ce périmètre. Il s’agissait d’une zone sans constructions et qui acquit un caractère bucolique vers la fin du XIX avec ses réalisations Napoléon III. Petit à petit, non sans tenir compte de la proximité du Montparnasse historique ou de celle du parc Montsouris puis de la Cité Universitaire avec ses 34 hectares, des maisons d’habitation modestes commencèrent très vite à surgir, faites de brique rouge ou ocre, caractéristique de l’époque. Dans les années 20, un quartier s’y édifie, d’un caractère propre grâce aux nombreux artistes qui avaient choisi une zone accessible et idyllique pour vivre et travailler, comme Roger Bissière, Claude Bouscau, Georges Braque, Tsugouhru Fujita, Marcel Gromaire ou Amédéé Ozenfant. Ces artistes firent appel aux architectes le plus novateurs de leur temps : Le Corbusier, Gille Buisson, André Lurçat ou Auguste Perret, cherchant le calme dans un quartier qui bordait le long parc et débouchait sur l’un des anciens aqueducs de Paris construits sous la direction du préfet - urbaniste E. Haussmann et de l’ingénieur J. Ch. Alphand. Un siècle plus tard, grâce au projet de l’Atelier Morales et une fois grimpée la côte en forme de « U » qui nous amène à la résidence, voici que nous découvrons soudain la couleur ocre de Sienne choisie et utilisée depuis des millénaires en peinture artistique. Nous voyons alors une maison nouvelle d’une architecture traditionnelle mélangée aux principes du modernisme et de l’architecture contemporaine.

Teresa Ayuso et Juan Luis Morales reprennent certains éléments caractéristiques du quartier tout en respectant l’esprit classique et moderne évoqué dans les constructions de la fin du XIX et début du XX, avec la brique, la pierre meulière dans les soubassements, les enduits traditionnels à la chaux et les toits - terrasses. Les architectes ont voulu préserver les quelques éléments architectoniques originaux qui prédominent dans la propriété comme l’immense mur de pierre qui la borde et dans la façade principale un volume au toit incliné aux tuiles plates de céramiques où l’on découvre un balcon d’inspiration Art déco.

La maison reste une vision d’architecte résolvant les conflits de l’architecture grâce à une intervention minimaliste, sans ornements, et qui embrasse tous les problèmes de l’organisation de l’espace, depuis l’équipement de la maison jusqu’à l’articulation urbaine. Inspirés par les nombreux ateliers d’artistes existant dans le quartier, l’Atelier Morales a préservé et apporté à la nouvelle structure l’inépuisable et riche fantaisie de l’usage de matériaux primaires tels que le verre et l’acier pour les nombreuses baies et vérandas qui dominent dans la structure. Ils ont codifié certains éléments techniques comme le toit-terrasse-jardin et fait usage d’un espace intérieur reparti en quatre niveaux au moyen d’un escalier métallique en colimaçon d’un effet visuel qui rappelle la sculpture-monument La Torre, 1919, de l’artiste russe V.E. Tatlin.

L’escalier fait axe central et donne accès aux différents espaces et à la luminosité, créant une harmonie entre la lumière et la forme. L’Atelier Morales cherche à résoudre, sur un terrain d’environ 200 m² aux murs médians, les nombreux problèmes pratiques et crée des solutions répondant aux nécessités du lieu, de la culture d’aujourd’hui et d’une communauté, tout en laissant une marque personnelle révélant la vraie nature de l’architecte contemporain. Cette commande d’une résidence privée, dans un quartier comme celui de Montsouris, devient un lieu historique et entre dans le XXI comme élément d’une importante collection du musée d’architecture à l’air libre.