














Rénovation et extension d'une maison de bord de mer
Située aux abords du littoral, au cœur d'un site naturel classé Natura 2000, cette maison de bord de mer était avant tout un agréable pied-à-terre où la vie se déroulait essentiellement à l'extérieur. À l'intérieur, les espaces étaient à l'inverse sombres, exigus et peu fonctionnels. Le rez-de-chaussée souffrait d'un manque de lumière naturelle, de plafonds bas et d'une succession de circulations complexes qui nuisaient à la qualité de vie.
Implantée en limite sud et est de la parcelle, la maison avait progressivement fait l'objet de plusieurs agrandissements côté ouest : vérandas, extensions successives et escalier extérieur s'étaient accumulés au fil du temps sans véritable cohérence d'ensemble. Ces constructions empêchaient l'ensoleillement de la pièce de vie, compliquaient les déplacements et brouillaient la lecture architecturale du bâtiment.
Le projet s'est construit autour d'une idée simple : supprimer ces ajouts successifs pour retrouver une architecture lisible et concevoir une extension unique de 23 m², limitée par les contraintes de la zone naturelle. Cette nouvelle construction reprend les fonctions initialement réparties dans les différents volumes démolis — entrée, escalier et palier d'étage — tout en devenant le véritable cœur de la maison grâce à l'intégration d'une nouvelle cuisine ouverte sur le séjour.
L'extension est volontairement décalée par rapport à la construction existante afin de libérer une terrasse en limite sud et de créer une véritable pièce de vie traversante, orientée nord-sud. Cette implantation permet également d'ouvrir une nouvelle porte-fenêtre sur l'ancien séjour, désormais transformé en salon et coin lecture, qui retrouve ainsi une généreuse lumière naturelle. L'ancienne cuisine est quant à elle réinvestie pour accueillir une chambre parentale ouverte sur la terrasse grâce à une large baie vitrée orientée à l'ouest.
L'un des enjeux majeurs du projet consistait également à supprimer l'accès extérieur à l'étage pour le replacer au cœur de la maison. Malgré une surface d'extension volontairement limitée, l'escalier devient un véritable élément architectural structurant. Dessiné comme un meuble habité, il accueille la cuisine sous sa volée tandis que sa première marche, conçue à hauteur d'assise, se prolonge en banc et en espace de rangement pour les chaussures et les objets du quotidien. Chaque centimètre carré est ainsi optimisé sans compromettre la qualité des espaces.
À l'étage, une passerelle relie l'escalier à la partie existante en surplombant la nouvelle pièce de vie. Plus qu'un simple espace de circulation, elle devient un lieu de pause et de contemplation, offrant une nouvelle perception des volumes.
Afin de rompre avec la sensation d'écrasement présente dans la maison d'origine, l'extension est conçue en double hauteur. Deux fenêtres de toit viennent capter la lumière zénithale et baignent le séjour d'une lumière naturelle abondante tout au long de la journée. Cette générosité spatiale contraste volontairement avec les volumes plus contenus de l'existant et confère à cette nouvelle pièce le rôle de véritable centre névralgique de la maison.
L'étage de la construction existante est entièrement redistribué. Les circulations sont simplifiées afin de supprimer les enchaînements de portes et les espaces de passage inutiles. Un salon télévision ouvert est créé, accompagné d'une nouveau salle d'eau lumineuse, offrant des espaces plus confortables, plus lisibles et adaptés aux usages contemporains.
À travers cette intervention, la maison conserve son caractère de refuge en bord de mer tout en gagnant en lumière, en fluidité et en qualité d'usage. L'extension ne se contente pas d'ajouter de la surface ; elle réorganise l'ensemble de l'habitation, révèle son potentiel et redonne à chaque espace sa juste place.