









Ce projet naît d'une conviction simple : un immeuble de logements collectifs en territoire de montagne ne peut pas ignorer ce qui l'entoure. À Pontarlier, au pied du Jura, les toits à deux pans des chalets dictent le paysage depuis des siècles. Plutôt que d'en faire une citation nostalgique, j'ai choisi de les décomposer de fragmenter la silhouette en plusieurs volumes autonomes aux pentes dissymétriques, créant une ligne de faîtage animée qui dialogue avec les crêtes sans les singer.
La façade principale joue sur un contraste de matières volontairement ancré dans le territoire : un soubassement en pierre calcaire local, clair et dense, ancre le bâtiment au sol comme un socle géologique. Au-dessus, le bardage bois en lames verticales monte vers les toitures avec une légèreté presque forestière les teintes grises naturelles du bois vieilli évoquent les alpages et les granges d'altitude. Entre les deux, les logements s'ouvrent sur des balcons généreux, à garde-corps vitrés, qui amènent la lumière sans obstruer les vues.
Le plan courant révèle la véritable ambition du projet : une organisation en double bande, symétrique, articulée autour de deux noyaux de circulation centraux. Ce plan rationnel permet une grande diversité typologique sur chaque niveau T2, T3, T4 sans sacrifier la qualité des orientations. Les logements traversants ou en angle bénéficient d'une double exposition. Les T4 de 83 m² en extrémité de bâtiment profitent de la meilleure situation, avec des pièces de vie face au jardin.
Le jardin, justement, est le troisième acteur du projet. Les espaces extérieurs paysagés prolongent naturellement le rez-de-chaussée surélevé, créant une frange habitée entre l'espace public et le bâtiment des cheminements, des bancs, des noues plantées qui rappellent les lisières que l'on trouve en montagne, à la jonction de la forêt et des prairies.