






Cet appartement était destiné à un couple de jeunes architectes. Il
devait donc refléter leur vision de l’architecture, entrelacer l’historique
au contemporain. L’idée directrice de ce projet fut donc de préserver les
éléments haussmanniens de l’appartement et de les mettre en valeur par
un jeu subtile de contrastes avec des matériaux, des formes et des couleurs
actuels.
L’un des principaux facteurs du caractère haussmannien était les moulures,
qui avaient malheureusement été abîmées par des travaux menés par les
précédents propriétaires. Nous avons donc fait appel à une entreprise
spécialisée qui a moulé les motifs encore intacts pour les reproduire et
ainsi rétablir l’intégrité et la continuité de l’ornementation originelle. Nous
voulions absolument conserver le parquet en point de Hongrie d’époque,
qui nécessitait cependant d’être rénové : il a été entièrement démonté,
chaque lame numérotée, retravaillée et réinstallée à sa place une fois que
les réseaux techniques et la chape ont été réalisés. Heureuse surprise du
chantier : nous avons trouvé, mystérieusement cachée sous le parquet, une
édition originale d’Eugène Véron (Supériorité des arts modernes sur les arts
anciens, 1862), à présent exposée sur la cheminée du salon à la manière
d’une gardienne et d’une garante de l’authenticité des lieux. Les cheminées
en pierre, les miroirs aux dorures qui les surplombent, les crémones,
les radiateurs en fonte, tous les vestiges du XIXe siècle qui font l’âme de
l’appartement ont été conservés et méticuleusement restaurés. Afin de les
mettre en valeur et d’allier l’historique à l’actuel, nous avons sélectionné
un mobilier sobre, presque minimaliste, en favorisant principalement la
palette neutre des blancs, des gris et des noirs (sans pour autant s’interdire
les couleurs vives par endroits).